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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 14:17

Cet été, plus que jamais, une avalanche de médiocrité s’est abattue dans les salles françaises. Des productions américaines lamentables faites par des créateurs peu inspirés ont monopolisé les écrans pour le plus grand bonheur d’un public facile et peu exigeant qui se laisse bercer dans une nullité désormais conventionnelle. Ainsi depuis mai, on aura eu droit à des suites (Kung Fu Panda 2, Very Bad Trip 2), des suites de suites (Fast and Furious 5, Transformers 3, Harry Potter 8, Pirates des Caraïbes 4, etc…), des comédies stupides (M. Popper et ses pingouins, Bad Teacher) et une ignominie : Les Schtroumpfs (en 3D bien sûr pour avoir tous les attributs de la grosse bouse).

 

Sick...

 

Pour rappel, un Schtroumpf, cela ressemble à ça :

 

Version Peyo

 

Pour rappel, le Schtroumpf vit à une époque indéfinie, possiblement le Moyen-âge et dans un lieu tenu secret. La simple idée de les faire débarquer à New York annonce l’indigence du produit. On voit bien la démarche qui consiste à s’approprier les personnages afin que l’américain moyen et surtout l’enfant américain moyen ne sachent surtout pas que les Schtroumpfs sont le fruit d’une création européenne. D’ailleurs c’est bien connu, en dehors des Etats-Unis, il n’existe rien ! Il est intéressant de noter qu’à l’heure où l’Amérique perd pied en tant que puissance économique et devra un jour céder sa place de leader à la Chine, elle conservera sans aucun doute sa capacité à s’imposer comme premier référent culturel mondial. En effet, on voit mal une industrie du divertissement (cinéma, séries télé, musique) se développer de manière suffisamment forte en Chine ou n’importe où ailleurs pouvant faire vaciller l’hégémonie culturelle américaine. Donc les Schtroumpfs déboulent à New York.

 

Brochette de Schtroumpfs

 

Pour rappel, Les Schtroumpfs, création génialissime de Peyo, c’est autre chose qu’une enfilade de gags crétins et vulgaires. Il y a même dans la plupart des albums un contenu politique et socio-analytique sidérant pour une œuvre destinée en priorité aux enfants. Ainsi du Schtroumpfissime, album numéro 2, l’un des meilleurs, dans lequel les Schtroumpfs, en l’absence du grand Schtroumpf élisent parmi eux un remplaçant dont l’ivresse du pouvoir va le conduire à imposer au village une dictature. Ainsi également de Schtroumpf vert et vert Schtroumpf (n°9) où les Schtroumpfs du Nord s’opposent violemment aux Schtroumpfs du Sud dans un village coupé en deux. Pas facile d’y voir à 8-10 ans, une métaphore de l’Allemagne d’avant 1989… De même, dans chaque album, on retrouve une étude des vices et des travers de l’homme avec un village servant de laboratoire de la psychologie. En confrontant les Schtroumpfs à toutes sortes de situations, Peyo montrait dans cette micro-société, les mécanismes des rapports humains, les phénomènes de masse, tout comme la variété de comportements individuels face à une même difficulté.


GargamelOn est donc loin des hurlements et des gags grossiers de ce film. Je n’ose imaginer le désastre cérébral pour un très jeune enfant qui découvre les Schtroumpfs par le biais de ce machin. Comment ne pas être déconcerté ensuite par la lecture de la véritable œuvre ? Profitant de la notoriété légitime de la bande-dessinée, ce film honteux a bien démarré aux Etats-Unis tout comme en France. Si les parents sont criminels d’emmener leurs enfants voir ça, les vrais coupables sont à pointer du côté des ayants droit pour avoir autorisé pareil carnage.

 

Peyo doit se retourner dans sa Schtroumpf.

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