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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 14:30

Il est de notoriété publique que l'équipe d'Instant critique est particulièrement excitée par le vrai retour au premier plan d'Arnold Schwarzenegger, 10 ans après Terminator 3, dans un film réalisé de surcroît par le brillant cinéaste coréen Kim Jee-Woon. Le film s'appelle The Last Stand, en français, Le Dernier rempart.

 
Deux bandes-annonces ont circulé ; une première donnant l'impression d'un film assez sombre, très crédible, une sorte de thriller d'action mâtiné de western tandis que la deuxième est venu en corriger la noirceur en affichant une légèreté de par certains aspects comiques.
 
On dénombre pas moins de 5 affiches pour ce film, la première façon comics ayant été dévoilée en juillet dernier. Intéressons-nous à deux affiches intermédiaires à l'occasion de ce petit comparatif. Tout d'abord, celle qui semble être la principale affiche d'exploitation en salles.
 
http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/92/92/20/20314444.jpgElle est assez magnifique. Arnold est au centre de tout : de l'affiche, de l'action et du produit cinématographique. C'est typiquement ce à quoi le public était habitué dans les années 80. Quasiment toutes les affiches des films de Schwarzenegger (hormis les comédies Junior et Jumeaux, le film Double détente qui repose sur un duo de flics et le cas à part de Batman et Robin) le montrent seul, les 14 lettres de son nom étalées au sommet de l'affiche. Cette fois-ci, son nom ne domine pas le poster mais il est rapproché du titre et il occupe bien toute la largeur tandis qu'Arnold prend toute la hauteur avec un effet de contre-plongée. Que la photo soit retouchée ou non, les muscles sont là. Le corps est massif, imposant. Les jambes sont écartées avec un bon ancrage dans le sol. La pose montre que le "chêne autrichien" est toujours solide avec un regard vers l'avant à l'affût du danger. Il se dégage une force puissante. Pas de doute : c'est lui le dernier rempart, celui qui protège les personnages du film et les spectateurs du chaos que l'on aperçoit derrière lui. Ce chaos est pour le moins surprenant : rideau de fumée, de cendre, on se croirait dans un film catastrophe genre Le Pic de Dante ou Volcano. En tout cas, il y a du grabuge et heureusement un homme fort résiste. Son pantalon tâché de sang et de boue indique qu'il a déjà dû lutter pour tenter de rétablir l'ordre et son étoile de shériff lui confère une légitimité rassurante pour ce faire. La rutilante voiture que l'on aperçoit sur le côté droit détonne au milieu de ce carnage d'autant plus qu'elle est totalement intacte. Elle replace le film à une époque sinon futuriste tout au moins qui nous est contemporaine.
 
Il est incontestable que Schwarzenegger vieillit bien. Je trouve même qu'il se "Clinteastwoodise". Les créateurs l'ont bien compris et lui ont fourré dans la main un flingue qui n'est pas sans rappeler le magnum 44 de l'inspecteur Harry... La couleur "poussière" délavée presque sépia de l'affiche peut être vue comme une allusion à son âge que d'aucuns estiment à tort trop avancé pour se produire à nouveau dans le registre de l'action. Tout comme Clint Eastwood qui a commencé à jouer de son âge il y a 20 ans en 1993 avec Dans la ligne de mire, Arnold semble emprunter la même voie, lui qui a abondamment pratiqué l'auto-dérision au cours de sa carrière (voir Last action hero entre autres). On se souvient que dans Terminator 3, son personnage se considérait comme un modèle de robot obsolète en guise de pied de nez à tous ceux qui le jugeaient déjà trop vieux pour ce film. D'un autre côté, cet aspect gris et sa pose ont nettement tendance à le statufier, le marmoriser, à le consacrer tel un mythe tout en faisant référence au mythe qu'il est déjà auprès de ses fans.
 
The Last Stand Movie PosterPassons au deuxième visuel qui vend un film totalement différent ! Fourgonnette jaune, soleil et feu du canon illuminent le poster. Cette fois-ci Arnold partage l'affiche avec un autre comédien, pas franchement une star du cinéma mais une caution comique bienvenue pour une génération adolescente peu familière du grand autrichien. Il s'agit de Johnny Knoxville célèbre pour ses facéties casse-cou dans la série Jackass. Assurément, il occupe le rôle du bouffon de service. Ses lunettes d'aviateur pourraient promettre des aventures aériennes mais gageons qu'elles ont avant tout pour but de parfaire sa panoplie du crétin fini. Lui, tout comme cette couleur jaune à l'arrière assortie à celle du titre donnent au film un côté léger qui évoque les tons du "Bon, la brute et le cinglé", western parodique et déjanté du même réalisateur sorti en 2008.
 
Venons-en à Arnold qui bien que partageant l'affiche réussit à occuper les 3/4 de celle-ci.
Les héros des films d'action des années 80 ont toujours incarné une virilité exacerbée à travers des mises en scène qui célébraient le culte du corps. Gros plans sur les muscles, les veines saillantes, la chair luisante : il y avait un parti-pris esthétique associé au genre dans l'affirmation de leur virilité par le spectacle de leur force. Ils étaient des surhommes, des super-héros bien réels mais en même temps très éloignés du commun des mortels. Ici, la métaphore de l'homme viril est assumée sans complexe par le truchement de cette énorme mitrailleuse phallique fièrement dressée et de surcroît en pleine action de décharger... C'est la jouissance de la force toute puissante qui est représentée ici au second degré mais de manière évidente avec un recul profondément comique. C'est comme si l'on nous disait "allez, on met le paquet, on ne fait pas dans la dentelle". Enfin, n'oublions pas de mentionner le slogan "Retirement is for sissies" que l'on pourrait traduire par "La retraite, c'est pour les tapettes", ce qui complète le tableau viril par un soupçon de vantardise qui va souvent de pair. Tout cela achève de positionner le film comme une oeuvre bouffonne où l'on ne doit rien prendre au sérieux. Mais le film sera t-il fidèle à ce poster ou au premier voire à aucun des deux ? La réponse le 18 janvier aux Etats-Unis et le 23 en France !
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