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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 23:46

Ce mardi 16 août 2011 marque le 60è anniversaire de la disparition de Louis Jouvet. Aucune mention dans les médias, il nous incombe de réparer cet oubli.

Louis JouvetNé en 1887, Louis Jouvet se destinait à devenir pharmacien. Il sera finalement acteur, metteur en scène, directeur de théâtre, et professeur au Conservatoire d’art dramatique. Regard perçant, présence vampirique, maîtrise d’une vaste palette d’expressions : c’était un véritable acteur dans la mesure où il pouvait tout jouer. S’il n’avait que peu d’estime à l’égard du cinéma, auquel il préférait le théâtre où il acquit cette diction si particulière, c’est bien la trentaine de films dans lesquels il a joué qui l’inscrivent aujourd’hui dans la postérité, pour peu que le spectateur lambda daigne s’intéresser à des œuvres du patrimoine cinématographique français antérieures à sa date de naissance…
 
Parmi ses rôles et films mémorables notons :
 
1937 – Drôle de drame de Marcel Carné où il lance le célèbre « Bizarre, vous avez dit bizarre ? Comme c’est bizarre. » à un Michel Simon tremblotant. Pour rappel, les deux comédiens se détestaient copieusement.
1938 – L’Alibi de Pierre Chenal face à Eric Von Stroheim où il incarne un commissaire redoutable.
1938 – Entrée des artistes de Marc Allégret où il interprète le rôle d’un professeur au conservatoire, son propre rôle donc, dans un film qui fait office aujourd’hui de documentaire sur les méthodes d’enseignement de l’art dramatique, de même que sur la méthode Jouvet. Avec ses dialogues savoureux écrits par Henri Jeanson, le film donne à voir un Jouvet plus cassant que jamais, hilarant de sévérité avec ses élèves parmi lesquels on reconnaît un tout jeune Bernard Blier. C’est autre chose que le « bâchage » façon Nouvelle Star !
1938 – Hôtel du Nord de Marcel Carné. C’est dans ce film que Jouvet déclare à Arletty qu’il veut changer d’atmosphère, et la grande dame d’exploser dans une fameuse réplique qui laissa Jouvet bouche bée.

 

Hôtel du Nord


1939 – La Fin du jour de Julien Duvivier. Chef d’œuvre méconnu et trop rare dans lequel Louis Jouvet incarne un comédien mélancolique dans une maison de retraite pour vieux acteurs. Il retrouve Michel Simon pour l’occasion qui interprète un vieillard à seulement 44 ans ! Guerre des égos, regrets, rancœurs : une plongée dans un microcosme théâtral qui désacralise le métier de comédien tant la souffrance psychique semble permanente.
1946 – Un Revenant de Christian-Jaque. Dans ce film tourné à Lyon, Jouvet vient tourmenter d’anciennes relations qui l’ont laissé pour mort. Formidable.
1947 – Quai des Orfèvres, d’Henri-Georges Clouzot. Grand classique. Inspecteur de police, Jouvet enquête sur une affaire d’assassinat dans laquelle il soupçonne Bernard Blier.
1948 – Entre onze heures et minuit d’Henri Decoin. Sosie d’un truand assassiné, Jouvet, inspecteur de police se fait passer pour celui-ci en intégrant le milieu mafieux auquel il appartenait, malgré le peu d’informations dont il dispose.

KnockEt bien sûr Louis Jouvet créa et interpréta sur scène plus de 1 500 fois l’inoubliable rôle de l’inquiétant docteur Knock dont l’adage veut que « tous les bien portants sont des malades qui s’ignorent » ! Cette pièce de théâtre de Jules Romains fut adaptée à deux reprises au cinéma, en 1933 et en 1951, soit quelques mois avant la mort de Louis Jouvet, interprète principal des deux films.

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commentaires

Patrick 29/02/2012 21:42

"-C’est dans ce film que Jouvet déclare à Arletty qu’il veut changer d’atmosphère, et la grande dame d’exploser dans une fameuse réplique qui laissa Jouvet bouche bée.-"

D'autant plus bouche bée, que juste avant le tournage de cette scène, Louis Jouvet apprit la mort de sa mère...