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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 12:35

Le commentaire de cette affiche est écrit volontairement sans rien connaître de l’œuvre (ni bande-annonce, ni synopsis) afin d’exprimer ce qu’elle inspire sans aucune influence. Peut-être toutes ces remarques seront-elles invalidées par la vision du film. Peu importe car le but de cette rubrique est bien de décortiquer les affiches en ignorant tout du film en question. Cela permet de témoigner si le distributeur, créateur de l’affiche, est fidèle, ment, ou échoue malgré lui, à communiquer sur le contenu du film.

 

Il n'est jamais trop tardVoici la deuxième réalisation de Tom Hanks à sortir le 6 juillet en France, 15 ans après son film musical « That thing you do ». L’acteur doublement oscarisé interprète le rôle principal de ce qui semble être une comédie romantique aux côtés d’une autre grande vedette, Julia Roberts. Un côté désuet se dégage de l’affiche. Ne serait-ce que dans la manière de capitaliser sur les deux acteurs à une époque où le « star system » n’est plus ce qu’il était. En effet, les plus grands succès du boxoffice annuel font désormais la part belle au grand spectacle, aux effets spéciaux, aux concepts éprouvés ou encore aux super-héros, tous ces films reléguant leurs interprètes souvent peu connus (ils le deviennent ensuite) au second plan. Contrairement à une époque récente, les studios sont devenus beaucoup plus hésitants à aligner des millions de dollars pour réunir des vedettes qui ne sont plus forcément gage de succès. Dans les années 90, le nom des acteurs s’étalait, énorme, au-dessus du titre. Il était l’ingrédient-clé qui garantissait le succès d’une recette parfois indigeste. Bien sûr, les duos masculin/féminin étaient légion. Combien d’affiches ont mis en avant un casting de choc (Michael Douglas/Sharon Stone, Jack Nicholson/Michelle Pfeiffer, Kevin Costner/Whitney Houston, Kim Basinger/Mickey Rourke ou encore le fameux Stallone/Stone de « L’Expert »...), avec un nom de chaque côté, celui de la star masculine apparaissant systématiquement à gauche afin qu’il soit lu en premier ? La grande mode était aux affiches binaires laissant entrevoir une moitié de visage ou un profil de chacune des deux vedettes de chaque côté de l’affiche (Soleil levant, Copycat, Demolition man, Ennemis rapprochés…) suggérant ainsi une opposition entre les deux personnages, promesse d’un affrontement physique ou psychologique palpitant. Il y a une quinzaine d’années une affiche comme celle d’« Il n’est jamais trop tard » aurait coûté 40 millions de dollars, chacun des deux acteurs ayant reçu à un moment donné 20 millions de dollars de cachet par film au cours de sa carrière. Aujourd’hui, le doute est permis. D’abord les informations relatives au salaire des stars sont beaucoup moins communiquées qu’autrefois. Ensuite, d’après l’affiche, le film n’est pas produit par une major mais par un indépendant (summit entertainment) et il serait surprenant que la production ait consenti à débourser autant d’argent dans le casting principal pour cette œuvre à l’avenir incertain, dotée d’un scénario original (co-écrit par Tom Hanks) et de personnages inconnus visant à priori un public moins jeune que le cœur de cible des blockbusters.
Si le « star system » n’est plus ce qu’il était, ce film en récupère cependant les vestiges les moins dégradés. Depuis 1993 avec « Nuits blanches à Seattle » jusqu’à son dernier succès avec « Anges et démons », Tom Hanks a réalisé des scores éclatants. Seuls « La guerre selon Charlie Wilson » et à la rigueur le « Ladykillers » des Coen peuvent être vus comme des contre-performances. Mais aucun bide de l’ordre de ceux de Bruce Willis ou Harrison Ford à l’horizon. Hanks s’est retrouvé à l’affiche de films appartenant déjà à la légende de Hollywood, le plus emblématique restant Forrest Gump. Pour ce qui est de Julia Roberts, son palmarès prestigieux a été terni par le récent échec de « Duplicity » de Tony Gilroy et par divers résultats en demi-teinte. Mais « Il n’est jamais trop tard » l’emploie dans son domaine de prédilection où le public l’apprécie le plus : la comédie romantique (Pretty Woman, Le mariage de mon meilleur ami, Notting Hill, Runaway bride…).

Pour en revenir à l’affiche, on a le schéma classique et éternel de l’homme assurant le contentement de la femme. Cet homme semble littéralement tombé du ciel avec un paysage comme on peut en voir seulement à bord d’un avion, en regardant par le hublot. Les deux protagonistes se trouvent carrément au-dessus des nuages. Le montage photo s’avère assez laid, voire raté notamment sur l’arrière du scooter, peu aidé en cela que l’intégration d’un scooter dans un ciel ne constitue pas une image des plus crédibles… Rien ne suggère une histoire fantastique, ce n’est donc pas un scooter volant. L’image est donc à prendre du point de vue de la métaphore.

http://www.cinemovies.fr/images/data/photos/19533/larry-crowne-2011-19533-660730537.jpg

 

Tom Hanks est tombé du ciel et dans le même temps, on peut dire qu’il emmène Julia Roberts au 7è ciel puisqu’elle semble en pleine extase. « Elle se lâche ». Son sourire à lui, bien que légèrement crispé, indique une satisfaction, celle d’apporter le bonheur à cette femme. On peut dire que Tom Hanks se dévoue puisque la joie exaltée est pour elle, pas pour lui, alors que c’est lui qui la conduit et semble être à l’origine de cette joie. Il y a une certaine passivité chez Julia Roberts qui se laisse conduire, non seulement en scooter, mais sans doute aussi dans sa vie pour faire grâce à Tom Hanks, ce qu’elle ne pouvait pas, ou n’osait pas faire. Une image que les féministes les plus acharnés ne manqueront pas de juger machiste.

L’effet aérien est renforcé par le foulard de Julia Roberts qui vole. Le foulard au vent est également le symbole du nœud défait de ses inhibitions, celles-là mêmes qui l’empêchaient peut-être de faire ce qu’il n’est pas encore trop tard de faire. Il évoque la liberté et indique que le scooter est en mouvement ; ce dernier filant à toute vitesse afin de réaliser la fameuse chose pour laquelle on a encore du temps. Il y a toutefois un vrai contraste entre la situation aérienne, l’expression hilare de Roberts et la position descendante du scooter, position qui exprime un retour sur Terre, ou plutôt à la réalité. Mais on ne sait pas vraiment non plus où il va car il part en biais au point d’en être totalement décadré sur la photo. Le rétroviseur est carrément hors cadre, de même que les doigts de la main gauche de Tom Hanks. Ce scooter est assez affreux, notamment en raison de sa couleur, laquelle évoque un robot-mixeur des années 80. Ce gris bleu jure avec le ciel bleu comme un pantalon et une chemise mal assortis. De même, le gros phare central et encastré ne fait pas très moderne.

Aff OrigineLe titre original est « Larry Crowne », le nom d’un personnage de fiction, inconnu, que le film propose au public de découvrir, façon « Jerry Maguire ». Le titre français à rallonge, lui, est affligeant. Ce pourrait être le titre d’une comédie française justement, avec des histoires de couples de tous âges.  Comme si cela ne suffisait pas, on a droit à un sous-titre ou slogan à rallonge également, totalement contradictoire avec le titre. En effet, « il n’est jamais trop tard » fait référence à quelque chose que l’on n’a pas encore réalisé ou vécu dans sa vie et que l’âge ne doit pas empêcher de faire. En revanche, « on a tous droit à une seconde chance » renvoie à l’expérience d’une chose ratée, déjà faite, que l’on peut recommencer, refaire. Le titre et le sous-titre ont cependant en commun d’être des expressions du langage parlé, presque des maximes. Ce sont des lieux communs faisant tous deux usage de tournures impersonnelles : « il n’est », « on a » qui incluent le spectateur potentiel. Pour toi aussi, spectateur, il n’est pas trop tard et tu as droit à une seconde chance. D’ailleurs « on [y] a tous droit ».

Ces deux personnages qui roulent en scooter sont-ils des prolos ? La chemise et les lunettes de soleil de Tom et le foulard de la miss semblent indiquer le contraire. De toute manière, on n’y croirait pas car on voit vraiment deux stars sur l’affiche. Mais quelle est donc cette chose qu’il n’est pas trop tard de faire ? Là, le mystère est total. Rouler en scooter ? En réalité, le sous-titre est agaçant parce qu’il explique tout assez lourdement. Sachant qu’on est face à une comédie romantique (casting, couleurs, expressions), il est bien plus probable que la seconde chance relève du domaine de l’amour et des sentiments qu’une deuxième tentative de saut en parachute. Sinon, bien que Julia Roberts s’esclaffe, aucun humour particulier ne se dégage de l’affiche. La comédie est-elle drôle en plus d’être romantique ? Rien n’est moins sûr.

A moins de se faire éreinter par la critique, il est très vraisemblable que le film marche bien en France, où Julia Roberts reste très populaire malgré les articles condamnant son comportement lors d’interviews. Quant à l’image de Tom Hanks, elle est intacte. On peut s’attendre à un démarrage entre 400 000 et 500 000 entrées, à condition que le distributeur SND (du groupe M6) sorte le film sur un minimum de 400 copies. Réponse le 6 juillet.

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 02:00

Logo#00Alors voilà, parce qu'il faut bien se lancer, voici le pilote de notre fameux Podcast.

 

Dans cet épisode zéro, vous découvrirez donc :

 

- Les News, présentées de main de maitre par votre serviteur Quentin.

- Le Dossier/Débat (oui, on n'a pas encore vraiment décidé...) où nous survolerons de la manière la plus exhaustive qui soit l'état des films d'animation au sein de notre paysage cinématographique français.

- Et enfin, la Rubrique Nostalgie où David et moi-même présenterons, chacun à notre tour, un film d'animation qui nous aura fait vibrer étant petit.

 

Donc, je sais, le ton est encore hésitant et l'on dit pas mal de conneries mais voilà, grâce à vous, chers poditeurs, on va s'améliorer !

 

Tous à vos claviers, nous voulons des commentaires.

 

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 22:57

 

Au départ, « L'Instant Critique » était un vidéoblog humoristique visant à tourner en dérision les sorties ciné. Par manque de temps et parce que je n'étais pas convaincu du résultat, le projet fut abandonné.
Plusieurs mois plus tard, suite à une conversation avec mon compère cinématographique David, l'idée fut lancée de créer un podcast audio traitant non pas de l'actualité cinéma mais de thèmes qui nous sont chers.
L'envie de nous exprimer et de faire valoir notre voix était là. Mais sous quel forme ? Car nous sommes deux cerveaux en ébullition et les idées se bousculaient dans nos têtes...

Aujourd'hui, « L'Instant Critique » a perdu sa particule et devient un blog. C'est un beau jour ; d'ailleurs les oiseaux chantent et les vieillards meurent sous la canicule. Alors, pourquoi un blog, me direz vous ? C'est simple...

Instant Critique se veut d'être une plate-forme multi-supports dédiée au cinéma et à nos élucubrations les plus folles.
Le fil directeur prendra la forme d'un podcast audio sobrement nommé de la même manière que le blog. Dans celui-ci, David et moi-même, livrerons sans complexe nos avis sous la forme de débats ou de dossiers thématiques. Très prochainement, vous pourrez écouter le pilote de ce dernier...
En plus de cela, nous écrirons des articles sur l'actualité ciné, des critiques de films ou plus simplement nos coups de gueule du moment.
Nous avons aussi quelques projets vidéos (toujours sur le cinéma et à but instructif mais avec humour) qui nous travaillent et qui viendrons enrichir ce blog de jour en jour.

Dans tous les cas, nous vous souhaitons une bonne visite. Puissiez-vous trouver autant de plaisir à parcourir ce blog que nous à le monter.

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