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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 19:00

Afin d'inaugurer cette nouvelle rubrique qui se penchera, de façon générale, sur la musique dans le cinéma, parlons d'un monument méconnu du cinéma de genre italien.

Ambiance cyberpunk sublimée, futur ultra cosmopolite et embrouilles informatiques métaphoriques constituent ce chef d'oeuvre qu'est Nirvana, film de Gabriele Salvatores. À mes yeux, le meilleur film d'anticipation cyberpunk jamais réalisé.

 

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Autant prévenir le spectateur, ici pas de courses poursuites ou de gunfights épileptiques, le cyberpunk est le personnage du film, les thématiques seront donc axées sur la perte de repères, la confusion de l'identité, le tout dans une nonchalance dépressive cotoneuse et enivrante, et pour le coup, vraiment appropriée.

 

Nirvana est un film d'ambiance, un film contemplatif avec une réelle atmosphère. J'ai vu ce film de nombreuses fois, et à chaque fois, le mariage de la bande son et des images devenait de plus en plus notable, délicat et judicieux, participant de plus en plus directement à la narration.

 

La B.O. est une soundtrack comprenant des pistes de plusieurs artistes, dont les dieux de l'ambient Eraldo Bernocchi et Bill Laswell, des sonorités hispaniques avec Cesaria Evora, des tracks plus électroniques et un score hallucinant de Mauro Pagani, qui retranscrit incroyablement bien les différentes facettes cosmopolites de la ville. En passant dans un quartier arabe crasseux, pour déboucher sur un suburb hindou étouffant ou dans des rues futuristiques semblable à Blade Runner, le score est toujours dans le ton, tout en gardant son identité propre : la douceur, le flottement et la rêverie.

L'introduction annonce la couleur et le film s'ouvre sur des plans de hacking, le tout sublimé par des drums auquels viennent se greffer des sonorités hispanico-orientales.


 

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Mécompris par beacoup, le film est un Blade Runner mystique. Une quète initiatique dont les plans futuristiques sont toujours soutenus par une musique décalée et chaleureuse, qui mixe habilement sonorités electroniques et instruments traditionaux de diverses cultures. Ajoutons à cela la neige omniprésente et des pères noëls dans les rues avec des masques à gaz, l'appartement vide et high tech de Christophe Lambert. Le contraste n'en est que plus sublime. Notons également dès le début du film l'usage de la drogue, certes toujours présent dans les univers cyberpunks, mais néanmoins annonciatrice d'un film axé sur l'introspection, donc avec une touch' de musique extra diégétique lourde de sens.

 

 

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Après une scène d'exposition épurée et sobrement classy, c'est le dépat vers l'inconnu. Gabriele Salvatores promène sa caméra dans la rue où habite Jimi, le personnage principal. WTF ! de la vieille folk de clochard ! Oui... mais étrangement, dans cette scène, la folk n'a jamais été si agréable, contraste oblige.


 

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Dans sa progression, Jimi traversera des environements multiculturels, des ambiance sonores enivrantes, incroyablement dans le ton, car toujours mixées avec des nappes electroniques.
J'en veux pour preuve cette incroyable track, Nirvana, qui commence par des sitars et des incantations hindoues pour basculer vers du bon gros breakbeat bien lourd soupoudré de notes de piano exquises et d'envolées de saxophone jazzy, le tout rapelle presque les albums completement fous de Badmarsh & Shri, en plus fin. Un morceau vraiment incroyable qui résume si bien le film. Si vous n'écoutez qu'une piste dans cet article, écoutez celle-la.

 

 

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Pendant son périple, Jimi va rencontrer un sidekick touchant et un peu filou surnommé Joystick, qui le guidera dans sa quète initiatique, comprendre par la, lui apprendre les rouages du hacking, afin de pouvoir effacer un personnage de jeu vidéo que Jimi a créé, et qui, à cause d'un bug, prend conscience de son état de personnage. Il ne supporte plus de recommencer les mêmes niveaux, rencontrer les mêmes PNJ et subir les nombreux game over. Le scénario mixe habilement clin d'oeils informatiques et états psychologiques. On pourrait y trouver des ressemblances avec Matrix ou l'excellentissime Dark City.

 

Pendant un moment touchant, Jimi et Solo, le personnage du jeu, parlementent, s'énèrvent et se réconcilient. En quelques minutes et grâce à une mélodie très simple et aux tonalités très chaudes, une amitié et un respect mutuel nait entre les deux personnages. Un moment clé du film et un type de score jamais vu pour un film de science-fiction.

 

 

Peu après ce moment c'est avec Joystick que la relation devient tendue, à cause d'une bourde de celui-ci. Ici encore, la séquence est très touchante. Guitares, nappes de synthés et piano lancinant. Un fond sonore incroyable pour une scène où la complicité des personnages est en danger. Le ton est parfait.

 

 

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Le reste du film est un pur bonheur auditif, visuel et onirique. Le tout se termine par un final d'une puissance évocatrice rare. Le stress est renforcé par un accompagnement musical ou l'on peut entendre des mécanismes d'horloge. Efficace et intelligent.

 

 

Une metaphore tellement belle, innocente et apaisante clôture le film, le thème de Jimi et Solo est repris une dernière fois, avec plus d'ambient, des petites envolées de piano. Le personnage accomplit sa quète, il est libéré. Le spectateur également, Salvatores lui offre l'apaisement sonore ultime, l'illumination auditive.


"Une minute Jimi, attend une minute... dis, quand tu m'auras effacé, qu'est ce que... qu'est ce que je vais devenir ?

- Un gentil flocon de neige qui tombe nulle part.

- Ah...Bon."

 

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Nirvana fait partie des plus grandes claques cinématographiques que j'ai pu prendre. Incompris par beaucoup de gens, qui attendaient de l'action ou un film plus terre à terre, il a néanmoins fédéré une petite communauté de fans qui ont su apprécier les qualités de ce film injustement méprisé. Un Jeux PC est également sorti en Italie (Je donne un bras à celui qui me le trouve).


J'ajoute que Christophe Lambert est, dans ce film, très très bon... oui. On parle souvent de son absence de jeu. Dans ce film, cette lacune est un atout. Il évolue dans un monde inconnu, détaché, il doit franchir les obstacles (ou niveaux) en recontrant des autres personnages (PNJ), fuire des assaillants (boss), pour effacer son jeu et dispatcher de l'argent (high score). Oui, le non jeu de Lambert fait naitre ces parenthèses, et apporte une troisème lecture à ce film.

 

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Cette scène est magique...

 

Ne vous en faites pas, cyberpunk oblige, il y a la scène du bar, avec son breakbeat de fou furieux n'ayant rien à envier à du Chemical Brothers ou du Prodigy de la période bénie des 90s.

 

 

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J'espère vous avoir donné envie de jeter un coup d'oeil à cette oeuvre vraiment singulière. Un film très important pour moi.

Vous pourrez écouter la bande original en intergralité ici.
 

 
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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 18:00

Pendant qu'une représentante peu téméraire de nos chères et au combien réfléchies et concernées pussy riot se dore la pilule dans un goulag trois étoiles tenu par le polisson Vlad, penchons nous un moment sur le film Silent Hill de Christophe Gans.

 

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Chère Nadejda, ou toi qui te promènes nue, un poétique "fuck you" écrit entre les seins tout en arrosant les gens avec des extincteurs, cet article est pour toi. Tu pourras comprendre que parfois, le pseudo militantisme shocking et vulgaire n'est pas forcément le "right thing to do" et que l'art, en particulier la puissance des œuvres visuelles peuvent en dire beaucoup plus sur ton envie d'écraser les hommes, ta volonté de vivre librement ta sexualité hipstero-lesbienne, et peut-être même t'exorciser des palpations douteuses infligées par ton oncle durant ta jeunesse.

 

L'intro Femme Actuelle terminée, revenons sur cette adaptation du jeu vidéo Silent Hill. Christophe Gans aurait pu réaliser une oeuvre majestueuse et glaçante, la plus terrifiante qui soit, il n'en est rien, ou si peu. Même si le cinéaste remplit le cahier des charges en recréant un bestiaire de qualité et en ingurgitant à son film certaines thématiques clés du jeu, comme l'aliénation ou les métaphores sexuelles effroyables, il dévie et détourne l'allégorie principale du jeu. Si bien qu'au final, entre les lignes, Silent Hill se veut un film profondément féministe et lesbien, axé sur le rejet de la masculinité et la castration.


Les éléments qui tendent à corroborer cette thèse sont nombreux. Gans le prouve dès la séquence d'ouverture. Les premiers plans d'un film sont souvent mûrement réfléchis et hautement métaphoriques. Ici, le film s'ouvre sur l'héroïne, son mari est sur le balcon au second plan, le visage caché dans l'ombre. Le réal annonce la couleur, et nous avertit dès la première minute du film que la figure de l'homme sera effacée, inexistante. Dans le monde de Rose, Chris, son mari, est déjà dans les limbes.

 

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S'ensuit alors une scène ou Rose court pour retrouver sa fille, Sharon. Elle tombe sur sa peluche. Pas n'importe laquelle, un bon vieux Teddy Bear, abandonné sur le sol. Comment ne pas y voir une mise en abîme de l'aventure que va subir la protagoniste du film ? Une nouvelle fois la figure de l'homme ne peut pas cohabiter avec les personnages, elle est mise de côté, elle annonce l'émancipation inévitable et visiblement voulue.

 

Boromir version pub Mennen, le mari de Rose, arrive enfin, pour déblatérer un discours insipide se voulant rassurant mais avec de nombreux sous entendus rappelant l'impuissance face à une situation visiblement déjà subie. Son visage est toujours étrangement baigné dans l'ombre... générique.


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L'après générique s'ouvre sur un rare moment de bonheur. Les couleurs chaudes et le soleil tranchent avec la précédente séquence. Le bonheur partagé entre une mère et sa fille, qui préparent le trip de leur vie. Aucun élément masculin de peut perturber cette harmonie.

 

Coup de fil (on sous entend que c'est le père de la fille), Rose ne décroche pas.

"Daddy's not coming?

- No sweetie, it's gonna be just you and me."

Gans ne lâche pas l'affaire, peu importe la finesse des situations, il faut que le spectateur comprenne.


La scène se termine sur un plan où mère et fille sont étrangement allongées. Sharon dors, entre les jambes écartées de sa mère. Comme pour revenir à un état de communion avec elle, symbolisant l'accouchement, sans entraves avec le monde extérieur. Je sur-interprète ? Rendez-vous vers la fin de l'article.

 

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Le dessin, le pull et le téléphone… beaucoup de bleu dans ce cadrage…


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Grand moment d'honnêteté féminine débunkée : On passe sur Sean Bean qui s'énerve de ne pas avoir de réponse de sa femme, il qui découvre que celle-ci à, dans son dos, planifié une excursion "tripes et zombies" à Silent Hill avec sa fille… Normal.

"A quoi servent ces abrutis de bonhommes... moi j'vis ma vie de femme t'as vu ?"

Peu après, ce bon vieux Chris, qui dit l'aimer elle et sa fille, se fait remballer au téléphone, l'aventure se fera sans lui.

 

Tous les joueurs du premier Silent Hill se rappellent de la rencontre entre Harry et Cybil, au début du jeu, dans le café dévasté. Une tension sexuelle pouvait se sentir dans cette cut-scene qui annonçait un rapport ambigu entre les 2 personnages.

 

Ici c'est Rose qui part à l'aventure, et on rencontre également le personnage de Cybil. Sa première apparition brouille les pistes, on nous la montre masquée par son casque et ses lunettes. Pour le moment son aspect est androgyne, donc menaçant car peut-être masculin (on approche de Silent Hill…), néanmoins, elle se déplace dans les plans de façon féline, faisant tortiller son boule moulé dans un fut en sky autour de la voiture de Rose… Étrange moment ou début de parade de séduction.

 

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À gauche, Cybil, version jeu, pour vous messieurs.
À droite, Cybil, version film, pour vous mesdames.

 

Notons que Cybil se rapprochera de Rose puis l'aidera dans son périple, jusqu'à se rapprocher d'elle dans une des scènes les plus importante du film. L'attaque de Pyramid Head.


Dans le monde de Silent Hill les monstres apparaissent avec des caractéristiques masculines. Eux aussi, malgré leurs apparences dangereuses sont castrés, littéralement rongés et rouillés par leur culpabilité.

 

La première menace, le Janitor, violeur pédophile, apparait rampant sur le sol, entravé dans des fils barbelés lui empêchant toute agression. Impuissant, il subit sa punition castratrice. Ses tirages de langue lubriques n'atteignent en rien Rose, qui continue son chemin pour se retrouver piégée avec Cybil face à notre bon vieux Pyramid Head.


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"Ouais, moi tu vois, mon truc, c'est le bondage."

 

Corps bodybuildé et force de dieu grec, Pyramid Head tente de pénétrer l'intimité créée par les deux femmes barricadées dans une pièce, à l'aide de son énorme arme contondante, il transperce la porte en un mouvement…
La métaphore sexuelle est plus qu'évidente, les images parlent d'elles-mêmes.


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Viol, acte brutal, écrasement symbolique, peu importe. Le danger est maintenant représentée par un bras fort et viril qui transperce la porte.

 

Gans nous gratifie même de deux plans en vue subjective, côté agresseur. Avant de se rétracter, faute de temps, Pyramid Head secoue frénétiquement la barre qui bloque la porte. Je vous laisse en déduire toutes les pensées tendancieuses que vous voudrez. On y reviendra dans quelques paragraphes, mais ce personnage est un gros pervers dans l'univers du jeu, croyez-moi.


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S'ensuit un road street movie, ou les 2 heroines se promènent dans un Silent Hill désert, parcourant les rues et franchissant les immeubles, sans trop de soucis, la fleur au fusil.


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"Regarde, un magasin Sephora !"


Lors d'une scène banale, Rose franchit un obstacle avec une corde, Cybil la réceptionne dans ses bras. Ce premier vrai contact physique entre les deux héroïnes, on ne le voit pas, Gans positionne sa caméra derrière des débris. Pourquoi ? Serait-ce l'aveu d'une attirance entre elles, une relation qui devrait théoriquement rester cachée. Je n'irais pas jusque là, mais ce choix de cadrage reste troublant.


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Au fil des péripéties, les "je" deviennent "nous" et les attitudes protectrices. Je vous l'accorde volontiers, rechercher un bon spot de nail art qui propose aussi des horribles tattoos d'oiseaux et autres conneries hipster en plein Silent Hill peut être un peu stressant, et de facto, favoriser la complicité entre les sujets.


Sous exploité pendant le film, Pyramid head revient nous faire un Big Up. Lors de cette deuxième apparition, les deux héroïnes fuient, main dans la main. Durant cette scène incroyable, Pyramid Head écorche une femme avant de jeter la peau pleine de sang sur Rose et Cybil, classy.

 

Rappelons que Pyramid Head est un poète, il apparait pour la première fois dans Silent Hill 2, pris en flagrant délit de viol sur deux cadavres d'infirmières défigurées.

 

Analysé sous ce prisme, que voir dans le film de Gans, de cette masse de testostérone musclée qui tue en dépeçant, à part focaliser sur l'image de la victime atteinte intimement, dans sa chair, par un acte qui bouleverse, a priori, l'Identité.


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Passé ce moment, le film part en vrille, Christophe nous fait du Gans et rajoute un complot de villageois qui fait redescendre peur, rythme et ambiance du film. Toute l'intrigue est expliquée en voix off avec un flashback qui commence avec un fondu enchaîné blanc… oui, oui…

 

Comble du film, le grand méchant ne doit être qu'un Pyramid Head en pire, ou un monstre à la masculinité horrible... Dans un film crypto-féministe, ce serait accorder trop d'importance à l'homme, l'antagoniste du film sera donc une femme.


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Antagoniste qui me fait étrangement penser à quelqu'un...

 

Le film se finit donc sur le sacrifice de Cybil, brulée sur un bûcher. On pense forcément à une des premières formes d'oppression historique envers les femmes. On entend même des "Burn the witch!" dans l'assistance.

 

Rappelez-vous de l'anecdote de la deuxième scène avec la position de l'accouchement. Dans la scène qui suit, c'est la communion avec sa fille qui va donner la force à Rose de combattre et se relever. Gans nous montre donc littéralement cette fusion. Sharon rentre dans le ventre de sa mère… la boucle est bouclée.


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À la fin du film, l'héroïne est habillé de rouge, son mari porte du brun, la métaphore est plus que flagrante, il porte le deuil d'une passion consumée. Il n'a plus de fonction sentimentale et physique, son impuissance (propre et figurée) est suggérée et montrée tout au long du film, il recherche Rose mais ne fait qu'échouer, il n'existe pas. Plus le film avance et plus la communication avec Rose est brouillée, coupée. Métaphore ultime, Gans ajoute dans les obstacles de Chris, un pont, qu'il franchit péniblement avant de se faire reconduire. Chacun est désormais seul.

 

Le film se termine avec une séquence où l'on nous montre Rose, bloquée dans le monde parallèle, comme pour finir le deuil de Cybil. Coup de fil chez Chris, avec un "we're coming home" dépressif et détaché. Le monde parallèle de Silent Hill a toujours eu beaucoup à voir avec la psyché des personnages, le mental pouvant influer sur la perception du monde après le retentissement des sirènes. Rose est-elle bloquée ou décide-t-elle de rester seule avec sa fille ? La dernière scène du film où se croisent parallèlement les anciens amants, illustre le manque de communication homme/femme et la perte de passion dans un lieu empreint de souvenirs communs. Ni plus, ni moins.

 

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Non, ce n'est pas un remake de Kramer contre Kramer, mais la fin de Silent Hill.       

 

La morale du film : Chèr Christophe Gans, la prochaine fois que tu as un casting avec Sean Bean et Kim Coates, fais du crypto-gay, ce sera plus fun.

 

Ps : Les filles, « don’t take it personally » comme on dit.

 

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 14:00

 

 

http://divergences.be/local/cache-vignettes/L368xH473/Louis_de_Funes-1e571.jpgA l’occasion des 30 ans de la mort de Louis De Funès survenue le 27 janvier 1983 et en complément des nombreux hommages rendus depuis Noël dans les médias, nous vous proposons de marquer ce triste anniversaire par un regard sur les incroyables chiffres de la carrière de ce grand comédien. A l’heure des polémiques où d’aucuns s’insurgent de salaires sans aucun rapport avec la capacité des acteurs français à attirer les spectateurs sur leur nom, se pencher sur les scores des films de Louis De Funès permet de redéfinir le statut de star. Son nom donne à lui seul la définition du mot « populaire ». Certes, l’époque de sa gloire est incomparable avec notre ère numérique mais il était réellement l’attraction principale des films dans lesquels il jouait, qui pour certains seraient oubliés depuis longtemps sans l’apport de ses prouesses comiques inégalées. Le succès des perpétuelles rediffusions télé montre que l’acteur est fondamentalement une figure du patrimoine cinématographique et culturel français, une icône culturelle que l’on est fier de faire découvrir et de transmettre à ses enfants.

 

Après une longue carrière cantonnée aux seconds rôles et des films mineurs, c’est en 1963 que Louis De Funès triomphe dans un premier rôle : Pouic Pouic. Dès l’année suivante, en 1964, avec Le Gendarme de Saint-Tropez sorti au moins de septembre, les cartons s’enchaînent jusqu’à sa dernière apparition dans Le Gendarme et les Gendarmettes en septembre 1982. 


http://static1.cinemovies.fr/articles/8/21/30/8/@/344509-louis-de-funes-620x0-2.jpg

 

De 1964 à 1982 pour Louis De Funès, c’est :

 

- 27 films en tête d’affiche

- Plus de 140 millions d’entrées soit une moyenne de plus de 5 millions d’entrées par film !

- Une présence 4 années d’affilée à la première place du boxoffice annuel de 1964 à 1967 inclus (1964 : Le Gendarme de Saint-Tropez, 1965 : Le Corniaud, 1966 : La Grande vadrouille, 1967 : Les Grandes Vacances) pour 7 films en tout arrivés à la première place du boxoffice de l’année de leur sortie (également 1970 : Le Gendarme en balade, 1973 : Les Aventures de Rabbi Jacob, 1979 : Le Gendarme et les extra-terrestres.)

- Les 2 premières places du boxoffice de l’année 1967 (Les Grandes Vacances, Oscar)

- 6 films pour une franchise, les Gendarmes, à plus de 35 millions d’entrées

- Sur 27 films, 26 figurent dans le top 20 des meilleures entrées de l’année où ils sont sortis

- 1 391 061 entrées pour son moins bon score avec Les Bons vivants en 1964 !

- 17 273 065 entrées pour la Grande Vadrouille, record tenu plus de 31 ans jusqu’à la sortie de Titanic.

- 3 films dans le top 20 la même année en 1965 mais aussi 3 autres en 1967 et encore en 1968 !


Filmographie exhaustive de septembre 1964 à 1982 avec le nombre d’entrées

 

Année

Mois

Film

Nombre d’entrées

1964

septembre

Le Gendarme de Saint-Tropez

7 809 334

novembre

Fantômas

4 492 419

1965

mars

Le Corniaud

11 739 763

octobre

Les Bons vivants

1 391 061

octobre

Le Gendarme à New-York

5 495 045

décembre

Fantômas se déchaîne

4 212 446

1966

septembre

Le Grand restaurant

3 878 520

décembre

La Grande vadrouille

17 273 065

1967

mars

Fantômas contre Scotland Yard

3 557 971

septembre

Oscar

6 120 862

novembre

Les Grandes Vacances

6 986 777

1968

mars

Le Petit baigneur

5 542 755

septembre

Le Tatoué

3 211 778

octobre

Le Gendarme se marie

6 828 626

1969

août

Hibernatus

3 197 689

1970

août

L’Homme-orchestre

2 141 879

octobre

Le Gendarme en balade

4 870 609

1971

avril

Sur un arbre perché

1 622 836

septembre

Jo

2 466 966

décembre

La Folie des grandeurs

5 565 824

1973

octobre

Les Aventures de Rabbi Jacob

7 295 727

1976

octobre

L’Aile ou la cuisse

5 841 956

1978

mars

La Zizanie

2 789 810

1979

janvier

Le Gendarme et les extra-terrestres

6 280 070

1980

mars

L’Avare

2 433 452

1981

novembre

La Soupe aux choux

3 093 319

1982

septembre

Le Gendarme et les gendarmettes

4 209 139

 

 

 

Source : tableau  réalisé à partir de l’excellent ouvrage de Simon Simsi, Ciné-Passions, le guide chiffré du cinéma en France.

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 14:00

Avec plus de 200 millions d’entrées annuelles ces deux dernières années (216,6 millions en 2011), la France arrive encore très nettement en tête des 27 pays membres de l’union européenne en matière de fréquentation des salles de cinéma. Viennent ensuite le Royaume-Uni avec 171,6 millions toujours en 2011 et l’Allemagne qui cumule 129,6 millions tandis que l’Italie dépasse de justesse la barre des 100 millions et l’Espagne la frôle.

 

 

Nombre d’entrées en millions réalisé

dans les salles de cinéma d’Europe en 2011

1. France

216,6

2. Royaume-Uni

171,6

3. Allemagne

129,6

4. Italie

101,3

5. Espagne

98,3

6. Pologne

38,7


Pourtant, si l’on rapporte ces entrées relevées dans les salles à la population de chaque pays, on est surpris de découvrir que la France n’arrive qu’en 2è position derrière… l’Irlande !


Avec 16,3 millions d’entrées pour près de 4,5 millions d’habitants, soit 3,6 entrées par personne, l’Irlande décroche le titre de l’état le plus cinéphile d’Europe. Quant aux français dont la démographie s’élève à 65 millions d’âmes, ils se sont rendus en moyenne 3,3 fois au cinéma. Enfin, bien que premier pays d’Europe en termes de population (près de 82 millions de citoyens), l’Allemagne affiche une moyenne entrées/spectateur faiblarde de 1,6.


Nombre d’entrées par habitant

1. Irlande

3,6

2. France

3,3

3. Royaume-Uni

2,8

4. Luxembourg

2,4

5. Danemark

2,2

 

En ce qui concerne la part de marché des productions nationales dans les entrées globales, la France est en pôle position avec 40,9 % de ses entrées réalisées par des films français. Ce chiffre récompense la politique culturelle et cinématographique française et son système de financement du cinéma unique au monde. Curieusement, on trouve juste derrière l’Italie avec 37,5 % dont la production est en souffrance depuis des années mais qui doit ce résultat à un carton local, Che bella Giornata. Ensuite, l’Angleterre pointe à 36,2 %, score à relativiser dans la mesure où il englobe des œuvres, certes produites dans le giron britannique, mais au profil très américain ou qui sont soutenues par des moyens de promotion américains (voir les Oscars du Discours d’un roi pour le 2è exemple). A noter que la Pologne obtient un excellent score de 30 % des entrées du pays réalisées par des productions nationales.


A l’inverse, certains pays sont totalement écrasés par les productions américaines, notamment les plus petits qui produisent peu de films : c’est le cas de l’Estonie, la Bulgarie, la Lettonie et la Slovénie où les films américains réalisent plus de 80 % des entrées. Mais la palme revient à la Hongrie (92 %) et surtout la Roumanie où 94 % de ses 21,4 millions d’entrées ont été obtenues par des films américains !


Terminons ce tour d’Europe par un aperçu de l’implantation des cinémas sur le continent. La France est encore une fois au sommet du classement avec 5 464 salles de cinéma en activité sur son territoire. Puis vient l’Allemagne avec 4 640 écrans et l’Espagne avec 4 044. L’Italie et le Royaume-Uni sont au coude-à-coude avec respectivement 3 872 et 3 767 salles de cinéma. La totalité des autres pays européens compte moins de 1 000 salles de cinéma, le Luxembourg n’étant même pourvu que de 33 salles pour… 520 000 habitants !


Synthèse réalisée à l’aide des données publiées dans le magazine Le Film Français.

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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 15:09

A Instant Critique, nous aimons bien les anniversaires. En ce 16 octobre 2011, il en est un de marque qu’il convient de célébrer en grande pompe : les 20 ans de la sortie française de Terminator 2 au cinéma !

 

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/63/30/75/18908824.jpgŒuvre majeure d’anticipation, de science-fiction, formidable film d’action trépidant, sublime spectacle d’humains en quête de survie dans un cauchemar où l’Humanité se cherche dans les gravats d’un monde broyé par les machines. La survie d’une espèce humaine qui repose sur un seul être, John Connor, qu’il faut à tout prix protéger du T-1000. D’où la fuite permanente des personnages du film, la fuite en guise de combat.

 

On a rarement vu blockbuster aussi poignant, bouleversant à l’image de cette fin où le T-800 incarné par un Arnold Schwarzenegger immense laisse entrevoir une once d’humanité poindre sous sa carcasse de métal : « I know now why you cry, but this is something I can never do ». (Je comprends maintenant pourquoi vous pleurez mais c’est une chose que je ne pourrai jamais faire) avant de plonger dans un bain d’acier en fusion.

 

Le film reste aujourd’hui incroyablement moderne sur le plan visuel avec des effets spéciaux toujours aussi impressionnants. Il pourrait allègrement sortir mercredi prochain et créer l’événement. La mise en scène de James Cameron, les effets sonores, la musique, la beauté des images toutes de feu et de métal forment une œuvre extrêmement cohérente. De grands auteurs français comme Godard ou Resnais ont salué à l’époque la qualité de cette vision d’apocalypse.

  

http://blog.grovo.com/wp-content/uploads/2011/05/T1000Terminator_2.jpeg

 

Triomphe critique et public, le film reste à ce jour le plus gros succès de Schwarzenegger et marque les premiers records de Cameron avant Titanic et Avatar : premier film budgété à plus de 100 millions de dollars et 533 millions de recettes monde. A noter que le film a réalisé près de 6 millions d’entrées en France.

 

Un anniversaire à célébrer comme il se doit avec un petit visionnage dans tous les foyers français !

 

 

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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 23:46

Ce mardi 16 août 2011 marque le 60è anniversaire de la disparition de Louis Jouvet. Aucune mention dans les médias, il nous incombe de réparer cet oubli.

Louis JouvetNé en 1887, Louis Jouvet se destinait à devenir pharmacien. Il sera finalement acteur, metteur en scène, directeur de théâtre, et professeur au Conservatoire d’art dramatique. Regard perçant, présence vampirique, maîtrise d’une vaste palette d’expressions : c’était un véritable acteur dans la mesure où il pouvait tout jouer. S’il n’avait que peu d’estime à l’égard du cinéma, auquel il préférait le théâtre où il acquit cette diction si particulière, c’est bien la trentaine de films dans lesquels il a joué qui l’inscrivent aujourd’hui dans la postérité, pour peu que le spectateur lambda daigne s’intéresser à des œuvres du patrimoine cinématographique français antérieures à sa date de naissance…
 
Parmi ses rôles et films mémorables notons :
 
1937 – Drôle de drame de Marcel Carné où il lance le célèbre « Bizarre, vous avez dit bizarre ? Comme c’est bizarre. » à un Michel Simon tremblotant. Pour rappel, les deux comédiens se détestaient copieusement.
1938 – L’Alibi de Pierre Chenal face à Eric Von Stroheim où il incarne un commissaire redoutable.
1938 – Entrée des artistes de Marc Allégret où il interprète le rôle d’un professeur au conservatoire, son propre rôle donc, dans un film qui fait office aujourd’hui de documentaire sur les méthodes d’enseignement de l’art dramatique, de même que sur la méthode Jouvet. Avec ses dialogues savoureux écrits par Henri Jeanson, le film donne à voir un Jouvet plus cassant que jamais, hilarant de sévérité avec ses élèves parmi lesquels on reconnaît un tout jeune Bernard Blier. C’est autre chose que le « bâchage » façon Nouvelle Star !
1938 – Hôtel du Nord de Marcel Carné. C’est dans ce film que Jouvet déclare à Arletty qu’il veut changer d’atmosphère, et la grande dame d’exploser dans une fameuse réplique qui laissa Jouvet bouche bée.

 

Hôtel du Nord


1939 – La Fin du jour de Julien Duvivier. Chef d’œuvre méconnu et trop rare dans lequel Louis Jouvet incarne un comédien mélancolique dans une maison de retraite pour vieux acteurs. Il retrouve Michel Simon pour l’occasion qui interprète un vieillard à seulement 44 ans ! Guerre des égos, regrets, rancœurs : une plongée dans un microcosme théâtral qui désacralise le métier de comédien tant la souffrance psychique semble permanente.
1946 – Un Revenant de Christian-Jaque. Dans ce film tourné à Lyon, Jouvet vient tourmenter d’anciennes relations qui l’ont laissé pour mort. Formidable.
1947 – Quai des Orfèvres, d’Henri-Georges Clouzot. Grand classique. Inspecteur de police, Jouvet enquête sur une affaire d’assassinat dans laquelle il soupçonne Bernard Blier.
1948 – Entre onze heures et minuit d’Henri Decoin. Sosie d’un truand assassiné, Jouvet, inspecteur de police se fait passer pour celui-ci en intégrant le milieu mafieux auquel il appartenait, malgré le peu d’informations dont il dispose.

KnockEt bien sûr Louis Jouvet créa et interpréta sur scène plus de 1 500 fois l’inoubliable rôle de l’inquiétant docteur Knock dont l’adage veut que « tous les bien portants sont des malades qui s’ignorent » ! Cette pièce de théâtre de Jules Romains fut adaptée à deux reprises au cinéma, en 1933 et en 1951, soit quelques mois avant la mort de Louis Jouvet, interprète principal des deux films.

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