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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 18:00

Pendant qu'une représentante peu téméraire de nos chères et au combien réfléchies et concernées pussy riot se dore la pilule dans un goulag trois étoiles tenu par le polisson Vlad, penchons nous un moment sur le film Silent Hill de Christophe Gans.

 

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Chère Nadejda, ou toi qui te promènes nue, un poétique "fuck you" écrit entre les seins tout en arrosant les gens avec des extincteurs, cet article est pour toi. Tu pourras comprendre que parfois, le pseudo militantisme shocking et vulgaire n'est pas forcément le "right thing to do" et que l'art, en particulier la puissance des œuvres visuelles peuvent en dire beaucoup plus sur ton envie d'écraser les hommes, ta volonté de vivre librement ta sexualité hipstero-lesbienne, et peut-être même t'exorciser des palpations douteuses infligées par ton oncle durant ta jeunesse.

 

L'intro Femme Actuelle terminée, revenons sur cette adaptation du jeu vidéo Silent Hill. Christophe Gans aurait pu réaliser une oeuvre majestueuse et glaçante, la plus terrifiante qui soit, il n'en est rien, ou si peu. Même si le cinéaste remplit le cahier des charges en recréant un bestiaire de qualité et en ingurgitant à son film certaines thématiques clés du jeu, comme l'aliénation ou les métaphores sexuelles effroyables, il dévie et détourne l'allégorie principale du jeu. Si bien qu'au final, entre les lignes, Silent Hill se veut un film profondément féministe et lesbien, axé sur le rejet de la masculinité et la castration.


Les éléments qui tendent à corroborer cette thèse sont nombreux. Gans le prouve dès la séquence d'ouverture. Les premiers plans d'un film sont souvent mûrement réfléchis et hautement métaphoriques. Ici, le film s'ouvre sur l'héroïne, son mari est sur le balcon au second plan, le visage caché dans l'ombre. Le réal annonce la couleur, et nous avertit dès la première minute du film que la figure de l'homme sera effacée, inexistante. Dans le monde de Rose, Chris, son mari, est déjà dans les limbes.

 

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S'ensuit alors une scène ou Rose court pour retrouver sa fille, Sharon. Elle tombe sur sa peluche. Pas n'importe laquelle, un bon vieux Teddy Bear, abandonné sur le sol. Comment ne pas y voir une mise en abîme de l'aventure que va subir la protagoniste du film ? Une nouvelle fois la figure de l'homme ne peut pas cohabiter avec les personnages, elle est mise de côté, elle annonce l'émancipation inévitable et visiblement voulue.

 

Boromir version pub Mennen, le mari de Rose, arrive enfin, pour déblatérer un discours insipide se voulant rassurant mais avec de nombreux sous entendus rappelant l'impuissance face à une situation visiblement déjà subie. Son visage est toujours étrangement baigné dans l'ombre... générique.


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L'après générique s'ouvre sur un rare moment de bonheur. Les couleurs chaudes et le soleil tranchent avec la précédente séquence. Le bonheur partagé entre une mère et sa fille, qui préparent le trip de leur vie. Aucun élément masculin de peut perturber cette harmonie.

 

Coup de fil (on sous entend que c'est le père de la fille), Rose ne décroche pas.

"Daddy's not coming?

- No sweetie, it's gonna be just you and me."

Gans ne lâche pas l'affaire, peu importe la finesse des situations, il faut que le spectateur comprenne.


La scène se termine sur un plan où mère et fille sont étrangement allongées. Sharon dors, entre les jambes écartées de sa mère. Comme pour revenir à un état de communion avec elle, symbolisant l'accouchement, sans entraves avec le monde extérieur. Je sur-interprète ? Rendez-vous vers la fin de l'article.

 

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Le dessin, le pull et le téléphone… beaucoup de bleu dans ce cadrage…


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Grand moment d'honnêteté féminine débunkée : On passe sur Sean Bean qui s'énerve de ne pas avoir de réponse de sa femme, il qui découvre que celle-ci à, dans son dos, planifié une excursion "tripes et zombies" à Silent Hill avec sa fille… Normal.

"A quoi servent ces abrutis de bonhommes... moi j'vis ma vie de femme t'as vu ?"

Peu après, ce bon vieux Chris, qui dit l'aimer elle et sa fille, se fait remballer au téléphone, l'aventure se fera sans lui.

 

Tous les joueurs du premier Silent Hill se rappellent de la rencontre entre Harry et Cybil, au début du jeu, dans le café dévasté. Une tension sexuelle pouvait se sentir dans cette cut-scene qui annonçait un rapport ambigu entre les 2 personnages.

 

Ici c'est Rose qui part à l'aventure, et on rencontre également le personnage de Cybil. Sa première apparition brouille les pistes, on nous la montre masquée par son casque et ses lunettes. Pour le moment son aspect est androgyne, donc menaçant car peut-être masculin (on approche de Silent Hill…), néanmoins, elle se déplace dans les plans de façon féline, faisant tortiller son boule moulé dans un fut en sky autour de la voiture de Rose… Étrange moment ou début de parade de séduction.

 

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À gauche, Cybil, version jeu, pour vous messieurs.
À droite, Cybil, version film, pour vous mesdames.

 

Notons que Cybil se rapprochera de Rose puis l'aidera dans son périple, jusqu'à se rapprocher d'elle dans une des scènes les plus importante du film. L'attaque de Pyramid Head.


Dans le monde de Silent Hill les monstres apparaissent avec des caractéristiques masculines. Eux aussi, malgré leurs apparences dangereuses sont castrés, littéralement rongés et rouillés par leur culpabilité.

 

La première menace, le Janitor, violeur pédophile, apparait rampant sur le sol, entravé dans des fils barbelés lui empêchant toute agression. Impuissant, il subit sa punition castratrice. Ses tirages de langue lubriques n'atteignent en rien Rose, qui continue son chemin pour se retrouver piégée avec Cybil face à notre bon vieux Pyramid Head.


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"Ouais, moi tu vois, mon truc, c'est le bondage."

 

Corps bodybuildé et force de dieu grec, Pyramid Head tente de pénétrer l'intimité créée par les deux femmes barricadées dans une pièce, à l'aide de son énorme arme contondante, il transperce la porte en un mouvement…
La métaphore sexuelle est plus qu'évidente, les images parlent d'elles-mêmes.


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Viol, acte brutal, écrasement symbolique, peu importe. Le danger est maintenant représentée par un bras fort et viril qui transperce la porte.

 

Gans nous gratifie même de deux plans en vue subjective, côté agresseur. Avant de se rétracter, faute de temps, Pyramid Head secoue frénétiquement la barre qui bloque la porte. Je vous laisse en déduire toutes les pensées tendancieuses que vous voudrez. On y reviendra dans quelques paragraphes, mais ce personnage est un gros pervers dans l'univers du jeu, croyez-moi.


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S'ensuit un road street movie, ou les 2 heroines se promènent dans un Silent Hill désert, parcourant les rues et franchissant les immeubles, sans trop de soucis, la fleur au fusil.


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"Regarde, un magasin Sephora !"


Lors d'une scène banale, Rose franchit un obstacle avec une corde, Cybil la réceptionne dans ses bras. Ce premier vrai contact physique entre les deux héroïnes, on ne le voit pas, Gans positionne sa caméra derrière des débris. Pourquoi ? Serait-ce l'aveu d'une attirance entre elles, une relation qui devrait théoriquement rester cachée. Je n'irais pas jusque là, mais ce choix de cadrage reste troublant.


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Au fil des péripéties, les "je" deviennent "nous" et les attitudes protectrices. Je vous l'accorde volontiers, rechercher un bon spot de nail art qui propose aussi des horribles tattoos d'oiseaux et autres conneries hipster en plein Silent Hill peut être un peu stressant, et de facto, favoriser la complicité entre les sujets.


Sous exploité pendant le film, Pyramid head revient nous faire un Big Up. Lors de cette deuxième apparition, les deux héroïnes fuient, main dans la main. Durant cette scène incroyable, Pyramid Head écorche une femme avant de jeter la peau pleine de sang sur Rose et Cybil, classy.

 

Rappelons que Pyramid Head est un poète, il apparait pour la première fois dans Silent Hill 2, pris en flagrant délit de viol sur deux cadavres d'infirmières défigurées.

 

Analysé sous ce prisme, que voir dans le film de Gans, de cette masse de testostérone musclée qui tue en dépeçant, à part focaliser sur l'image de la victime atteinte intimement, dans sa chair, par un acte qui bouleverse, a priori, l'Identité.


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Passé ce moment, le film part en vrille, Christophe nous fait du Gans et rajoute un complot de villageois qui fait redescendre peur, rythme et ambiance du film. Toute l'intrigue est expliquée en voix off avec un flashback qui commence avec un fondu enchaîné blanc… oui, oui…

 

Comble du film, le grand méchant ne doit être qu'un Pyramid Head en pire, ou un monstre à la masculinité horrible... Dans un film crypto-féministe, ce serait accorder trop d'importance à l'homme, l'antagoniste du film sera donc une femme.


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Antagoniste qui me fait étrangement penser à quelqu'un...

 

Le film se finit donc sur le sacrifice de Cybil, brulée sur un bûcher. On pense forcément à une des premières formes d'oppression historique envers les femmes. On entend même des "Burn the witch!" dans l'assistance.

 

Rappelez-vous de l'anecdote de la deuxième scène avec la position de l'accouchement. Dans la scène qui suit, c'est la communion avec sa fille qui va donner la force à Rose de combattre et se relever. Gans nous montre donc littéralement cette fusion. Sharon rentre dans le ventre de sa mère… la boucle est bouclée.


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À la fin du film, l'héroïne est habillé de rouge, son mari porte du brun, la métaphore est plus que flagrante, il porte le deuil d'une passion consumée. Il n'a plus de fonction sentimentale et physique, son impuissance (propre et figurée) est suggérée et montrée tout au long du film, il recherche Rose mais ne fait qu'échouer, il n'existe pas. Plus le film avance et plus la communication avec Rose est brouillée, coupée. Métaphore ultime, Gans ajoute dans les obstacles de Chris, un pont, qu'il franchit péniblement avant de se faire reconduire. Chacun est désormais seul.

 

Le film se termine avec une séquence où l'on nous montre Rose, bloquée dans le monde parallèle, comme pour finir le deuil de Cybil. Coup de fil chez Chris, avec un "we're coming home" dépressif et détaché. Le monde parallèle de Silent Hill a toujours eu beaucoup à voir avec la psyché des personnages, le mental pouvant influer sur la perception du monde après le retentissement des sirènes. Rose est-elle bloquée ou décide-t-elle de rester seule avec sa fille ? La dernière scène du film où se croisent parallèlement les anciens amants, illustre le manque de communication homme/femme et la perte de passion dans un lieu empreint de souvenirs communs. Ni plus, ni moins.

 

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Non, ce n'est pas un remake de Kramer contre Kramer, mais la fin de Silent Hill.       

 

La morale du film : Chèr Christophe Gans, la prochaine fois que tu as un casting avec Sean Bean et Kim Coates, fais du crypto-gay, ce sera plus fun.

 

Ps : Les filles, « don’t take it personally » comme on dit.

 

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commentaires

Giraud 16/05/2019 11:00

Laissez tomber, c'est juste un gros troll, c'est du second degré, plutôt drôle d'ailleurs.

Si ce n'est pas le cas, tu as un grain, et je te range directement dans la case suivant : Masculiniste frustré aussi frappé que toutes ces fémens, qui vit dans une constante paranoïa idéologique stupide

Passant son temps futile à critiquer tout ce qui peut s'apparenter dans son esprit torturé et cynique à l'homosexualité et au féminisme... Quand le personnage principal est une femme, on appelle ça du féminisme, et quand c'est un homme, on ne dit rien !

Et oui, les personnages secondaires hommes comme femmes sont toujours en arrière plan, rien à voir avec du féminisme.

prune 19/12/2016 09:41

elle se déplace dans les plans de façon féline, faisant tortiller son boule moulé dans un fut en sky autour de la voiture de Rose…

prune 19/12/2016 09:39

euhhh sky ?? plutôt skaï ... les anglicismes vous perdront !

Michel Hazanavicieux 07/03/2016 11:57

"son mari porte du brun, la métaphore est plus que flagrante, il porte le deuil d'une passion consumée"
soit "marron"= "deuil d'une passion consumée"
La prochaine fois que je trouverai une trace de freinage dans mon slip, j'aurai une pensée attendrie pour cette interprétation poétique.

Non 27/07/2015 10:20

Je me suis arreté a la comparaison de Cybil jv/movie. En quoi est ce qu'une femme aux cheveux courts est tout de suite un canon de beauté model pour les femmes lesbiennes ?! Dans quel putain de monde vies tu ? peut etre celui ou les hommes boivent des bieres, se tapent dans le dos en sifflant des femmes courtes vétues dans la rue et porte la barbe et la chemise a carreaux ? VA VOIR UN PSY ! Tu en a serieusement besoin, ou regle tes problemes personnels au lieu de raconter de la merde sur un mouvement que tu ne semble pas vraiment connaitre en définitive.